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Comment apprécier la protection du candidat aux élections professionnelles lorsque le salarié est dans le même temps confronté à une sanction disciplinaire de la part de son employeur ?

Le 10 juin 2014

Dans un arrêt en date du 13 mai 2014 n° 13-14.537, la Cour de cassation a jugé qu’en cas de licenciement consécutif à un refus d’une sanction disciplinaire ayant elle-même donné lieu à un premier entretien préalable, c’est au jour de l’entretien préalable suivi du licenciement qu’il faut se placer pour apprécier la connaissance par l’employeur de la candidature.

Le code du travail, pour assurer la protection des candidats avant les élections et des anciens candidats non élus pendant six mois, leur accorde le bénéfice de la protection spéciale de licenciement prévue pour les salariés protégés. Cette protection court à compter de la date d’envoi à l’employeur des listes de candidatures ou de sa connaissance des candidatures.

En 2009, la Cour de cassation précisait que pour l’application de cette protection, c’est au moment de l’envoi de la convocation à l’entretien préalable au licenciement que l’employeur doit avoir connaissance de la candidature d’un salarié aux élections professionnelles (Soc. 28 janv. 2009, n° 08-41.633). Ainsi, si l’employeur convoque le salarié à un entretien préalable, avant que sa candidature aux élections professionnelles lui soit notifiée ou avant qu’il en ait eu connaissance, le déroulement des élections ne paralyse pas la procédure de licenciement, le délai de six mois n’ayant pas commencé à courir au moment de la convocation à l’entretien préalable.

La décision du 13 mai 2014 vient préciser alors ce qu’il faut entendre par entretien préalable, moment de l’appréciation du statut de salarié candidat.

En l’espèce, le licenciement contesté était consécutif à un refus d’une sanction disciplinaire, qui avait elle-même fait l’objet d’un premier entretien préalable. Le bénéfice du statut protecteur devait-il alors s’apprécier au jour du premier entretien qui a donné lieu à la sanction disciplinaire ou au jour du deuxième entretien qui a précédé le licenciement consécutif au refus de la sanction par le salarié.

Logiquement, la Cour de cassation considère que c’est au moment de l’envoi de la convocation à l’entretien préalable qui a été suivi du licenciement qu’il faut se placer. Or, en l’espèce, si le salarié n’était pas candidat lors du premier entretien, il l’était devenu lors du deuxième. Et la chambre sociale de préciser que le caractère frauduleux de la candidature ne peut être invoquée par l’employeur que s’il conteste la régularité de la candidature dans les délais de forclusion de l’article L. 2411-7 du code du travail.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&idTexte=JURITEXT000028944766&fastReqId=1529258349&fastPos=1